Voir Est Ce Savoir Dissertation Sample

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Publié le 30 mars 2010

LA NOTION DE PROBLEME

Il faut absolument distinguer le problème du sujet lui-même. Beaucoup d’élèves croient que l’introduction a pour but d’amener le sujet. Or la vraie spécificité de l’introduction est de poser et de formuler clairement un problème. Toute la difficulté tient à voir le problème qui se "cache" derrière le sujet. Le problème naît de la confrontation, au sein même de notre esprit, entre l’opinion et sa réfutation possible : c’est parce que notre esprit est encombré d’opinions et qu’il dispose en même temps d’une capacité à penser par lui-même qu’il y a problème, c’est-à-dire confrontation de thèses différentes, voire opposées. Ainsi, pour le sujet "suis-je ce que j’ai conscience d’être ?", on conçoit aisément que, selon l’opinion commune, la conscience est un savoir qui peut donc aussi être un savoir de soi-même. Grâce à la conscience, je sais ce que je suis, donc je suis ce que j’ai conscience d’être : il y a identité entre ce que je suis et ce dont j’ai conscience. Mais il apparaît aussi que ce savoir sur soi n’est pas toujours clair et que je peux donc me tromper sur moi-même. Cette confrontation entre, d’une part l’opinion et d’autre part ce qui est susceptible de la mettre en échec, fait que la réponse au sujet peut être affirmative et négative. Ce sujet pose donc ici le problème des limites éventuelles de la conscience humaine et plus précisément de la connaissance de soi : si la conscience a des limites, il est clair que ses informations ne coïncideront pas toujours avec ce que je suis réellement. La réponse au sujet pourra alors être négative. Si au contraire, je ne trouve aucune limite ou erreur ou déformation possible à la conscience, alors ses informations sur moi pourront être tenues pour vraies. Dans ce cas, la réponse sera plutôt positive. Ou encore, il se peut que la conscience ait des défauts mais qu’il soit possible de les surmonter ou de les corriger. Dans ce cas, la réponse devient nuancée : non, je ne suis pas toujours ce que j’ai conscience d’être, mais à certaines conditions, il se peut que je le sois. C’est alors le problème en lui-même qui devient la question centrale bien plus que le sujet lui-même : en traitant le problème des limites éventuelles de la conscience de soi, je pourrais répondre à la question : "suis-je ce que j’ai conscience d’être ?".

Ensuite, il convient d’avoir en vue l’objet même de la philosophie. Les plus mauvaises dissertations sont en ce sens les dissertations dites "non philosophiques". Même si elles s’efforcent de poser un problème, s’il n’est pas philosophique, la dissertation rate sa vocation même. On peut ainsi poser au départ, avant même la première dissertation, les grandes lignes de la démarche philosophique : il s’agit de réfléchir sur l’homme en ayant en vue, quelle que soit la question posée, une question plus large englobant toutes les autres : "qu’est-ce que l’homme ?" (Kant) Ceci signifie du même coup le caractère nécessairement abstrait de la dissertation philosophique : on devra faire abstraction de tous les hommes particuliers (ici et maintenant : par exemple en France aujourd’hui) pour se consacrer à l’homme dans sa dimension universelle. D’où le rôle paradoxal de l’exemple dans la dissertation philosophique : s’il sert à illustrer par le particulier un argument universel - valable pour tout homme -, alors il est bon de l’utiliser, car il permet une meilleure compréhension de ce qui est abstrait. Mais s’il remplace l’argument en se voulant une preuve, alors on ne saurait l’accepter.

L’INTRODUCTION :

L’introduction a pour tâche d’amener et de poser clairement le problème philosophique. Il y a donc plusieurs difficultés à cela.

1) Trouver le problème lors du travail préparatoire

Tout d’abord, il faut trouver le problème grâce à une analyse préalable du sujet. Ce travail doit être le premier dans le travail préparatoire puisque c’est la tentative de résolution de ce problème qui structure toute l’entreprise de la dissertation. Pour cela, il est possible de voir quelles sont les différentes réponses au sujet proposé et sur quels arguments ou quels présupposés ces réponses reposent. Par exemple, pour le sujet "suis-je ce que j’ai conscience d’être ?", il apparaît que je suis tenté de répondre par l’affirmative ( ma conscience est ce qui me permet de savoir qui je suis et ce que je suis parce que telle est précisément sa fonction et tel est son sens même :science de soi). Toutefois, je ne peux m’empêcher de constater que je ne me connais pas parfaitement, que parfois ce sont les autres qui me révèlent à moi-même, et donc que la conscience ne me renvoie pas toujours une image exacte et fidèle de ce que je suis vraiment. Opposer ainsi une objection à l’opinion première constitue un paradoxe. C’est ce point de départ qui montre que la réponse au sujet ne va pas de soi, et donc qu’il y a un problème, c’est-à-dire un obstacle empêchant une réponse simple et unique à la question posée.

2) Formuler le problème

A partir du paradoxe, le problème doit être formuléet apparaît comme ce qu’il faut résoudre si l’on veut répondre au sujet lui-même : la conscience de soi a-t-elle des limites, des imperfections, ou bien peut-on s’y fier entièrement lorsqu’il s’agit de se connaître ? Ici, la formulation du problème apparaît comme la reformulation claire et synthétique du paradoxe.

3) Rédiger et structurer l’introduction

Ensuite, lorsqu’il s’agit de rédiger l’introduction, une autre difficulté apparaît : comment bien amener le problème ? Comment le formuler clairement en le distinguant du sujet ? Ou encore, comment structurer son introduction pour faire apparaître une problématique ? Plusieurs démarches sont bien évidemment possibles et l’important reste la formulation même du problème. Cependant on peut conseiller le cheminement suivant :

*a) annoncer le thème précis du sujet par une première phrase (pour reprendre notre exemple précédent, le thème serait la conscience humaine et plus précisément la conscience de soi : ceci permet de montrer que l’on a compris la spécificité du sujet et qu’on ne le confond pas avec un autre, ou encore qu’on sait le délimiter).

*b) énoncer la réponse la plus évidente à la question ainsi qu’un argument sur lesquel elle repose et montrer qu’il existe cependant une autre réponse possible à la question (voire plusieurs autres réponses) et énoncer également un argument qui peut la fonder. Ceci constitue le paradoxe de départ.

*c) Poser le sujet ainsi justifié et formuler à partir de là le problème

*d) annoncer éventuellement le plan si possible sous forme de questions, pour indiquer sommairement le parcours réflexif qui va suivre (comment allons-nous résoudre le problème)

EXEMPLE D’INTRODUCTION POUR LE SUJET : SUIS-JE CE QUE J’AI CONSCIENCE D’ETRE ?

[Les a), b), c)... sont là à titre indicatifs pour reprendre les étapes mentionnées précédemment mais deux paragraphes suffisent : §1 (a et b), §2 (c et d)]

($1) : annonce du thème et paradoxe a) La conscience humaine semble faire de l’homme un être capable de se représenter le monde qui l’entoure mais elle le rend aussi apte à se représenter à lui-même et donc à se connaître. b) On peut donc penser aisément qu’elle est une "science" de soi -même et que ses informations correspondent à ce que je suis réellement, que mon être par conséquent coïncide avec la conscience que j’en ai. Cependant, on ne saurait oublier que parfois nous nous mentons à nous-même ou bien que nous avons du mal à nous connaître, et ce malgré tous nos efforts. Notre conscience de soi semble parfois incomplète ou infidèle.

(§2) : formulation du problème et annonce du plan c) Peut-on alors poser avec certitude que l’on est ce que l’on a conscience d’être, et que l’image de soi que nous renvoie notre conscience reflète parfaitement ce que nous sommes ? Le problème semble être le suivant : peut-on se fier entièrement à la conscience lorsqu’il s’agit de se connaître ou bien la conscience de soi admet-elle des limites ? d) Tout d’abord, quelles seraient les certitudes de la conscience de soi ? Quelles seraient d’autre part les fragilités et les obscurités de cette même conscience ? Enfin, serait-il possible de dépasser ces limites pour croire encore à une coïncidence avec soi ?

LE PLAN :

Les grands mouvements :

On conseille aux élèves trois parties plutôt que deux ou quatre, mais cela ne peut rester qu’un conseil. Le premier temps peut être ainsi celui de l’opinion (exposé de la réponse la plus évidente à la question posée et 1ère manière de traiter le problème). Le deuxième temps peut être celui de la remise en question de cette opinion (2ème manière de traiter le problème). Le troisième temps serait celui du dépassement possible du deuxième temps, pour approfondir davantage la réflexion et ne pas se contenter d’une simple réfutation de l’opinion : même la réfutation peut se voir réfutée à son tour par un autre point de vue. Il est clair que ce mouvement pourrait se prolonger en une quatrième ou une cinquième partie, mais cela peut sembler trop ambitieux pour une dissertation en 4 heures. On recommande également aux élèves de respecter au maximum la formulation du sujet lorsqu’ils déterminent les idées directrices des grandes parties : chacune doit se rapporter directement au sujet et répondre au sujet. Par exemple, pour reprendre l’exemple précédent, un premier mouvement peut exposer la réponse la plus immédiate à la question : oui, je suis ce que j’ai conscience d’être, car la conscience est par définition une science (cum scientia : science qui m’accompagne) donc elle me renseigne sur ce que je suis et ne se trompe pas. On peut ici analyser tout ce que m’apprend la conscience sur moi-même et qui est vrai. Dans un deuxième temps, on peut envisager les obstacles qui pourtant me rendent obscur à moi-même : je ne suis pas toujours tel que je le crois et ma conscience peut me livrer des informations fausses ou incomplètes sur ce que je suis. Dans un troisième temps enfin, et pour ne pas rester sur un éventuel échec de la conscience de soi, on peut se demander si, malgré tout, ces obstacles sont indépassables et si, par certains moyens (à envisager), on ne peut pas lever les obscurités qui nous entourent et ainsi mieux se connaître. Ce respect scrupuleux à l’égard de la formulation même du sujet permet de ne pas déroger à la règle de base de la dissertation : traiter le sujet, rien que le sujet et tout le sujet. Sans cette attention en effet, on risque de traiter un autre sujet, ou bien de le déborder, ou encore de le traiter de façon incomplète ou partielle. Ainsi le sujet "suis-je ce que j’ai conscience d’être ?" ressemble au sujet : "la conscience de soi est-elle une connaissance de soi ?". Mais si l’on respecte la formulation propre à chaque sujet dans l’élaboration du plan, on ne risque pas de prendre l’un pour l’autre : la progression pour traiter le second sujet sera de cet ordre par exemple : 1er mouvement consacré à l’identité présumée entre conscience de soi et connaissance de soi (on insiste sur ce qui fait de la conscience une connaissance, indépendamment de savoir ce que je suis), deuxième mouvement consacré à la différence entre la conscience de soi et la connaissance de soi (on insiste sur ce qui échappe à la conscience de soi, sur ce qu’elle ne peut pas savoir, sur ce qui la rend imparfaite ou incomplète) et le troisième mouvement peut enfin porter sur les différents moyens pour parvenir à une connaissance de soi : comment faire de la conscience de soi et malgré ses imperfections, une connaissance de soi. On voit ici que malgré leurs similitudes, nos deux sujets ne portent pas sur le même problème : le premier interroge ce que je suis (par rapport à ce que je crois être) alors que le second interroge la conscience que j’ai de moi-même (par rapport aux exigences de toute connaissance).

Les sous-mouvements :

Leur rôle est à la fois de montrer des qualités d’argumentation et des qualités d’analyse. Ils permettent de développer ce qui, sous la simple forme du plan, reste synthétique. Mais on recommande plusieurs paragraphes (trois est là aussi le nombre généralement conseillé) comme si un seul paragraphe ne pouvait aller au bout de l’idée exprimée dans le grand mouvement correspondant. Tout se passe comme si l’idée directrice du grand mouvement ne pouvait pas être développée en une seule fois et comme si plusieurs étapes étaient requises : ces étapes doivent respecter le même principe d’enchaînement voire de progression que la hiérarchie des grands mouvements. En ce sens, il apparaît que les sous-mouvements doivent impérativement respecter l’idée directrice du grand mouvement auquel ils appartiennent, c’est-à-dire qu’ils doivent servir la thèse que celui-ci se propose de défendre. Par exemple, pour le sujet précédent, le premier mouvement concernant les certitudes de la conscience de soi peut être décomposé en trois sous-mouvements examinant chacun une certitude (certitude d’exister, certitude d’être un sujet conscient et certitude d’être soi), ou bien ils peuvent proposer trois arguments permettant d’établir la certitude de la conscience de soi (la conscience est une caractéristique humaine, la conscience est un savoir, la conscience est un savoir de soi-même).

EXEMPLE DE PLAN POUR LE SUJET : SUIS-JE CE QUE J’AI CONSCIENCE D’ETRE :

I En quoi suis-je ce que j’ai conscience d’être : les certitudes de la conscience de soi : (identité entre ce que je suis et ce que j’ai conscience d’être)

A) Je suis et j’ai conscience d’être : la certitude d’exister m’est donnée par la conscience B) Je suis un être pensant et j’ai conscience de ma pensée C) Je suis moi et pas un autre et telle est bien la certitude que me donne la conscience de soi.

Ici, la progression à l’intérieur de ce 1er mouvement suit un ordre chronologique : j’ai d’abord conscience d’exister, puis de penser, puis d’être moi-même : on suit étape par étape ce que me livre la conscience de soi.

IIEn quoi ne suis-je pas toujours ce que j’ai conscience d’être : les incertitudes de la conscience de soi (différences entre ce que je suis et ce que j’ai conscience d’être)

A) J’ai conscience d’être libre alors que je suis parfois dominé par mes penchants : l’illusion de la liberté B) J’ai conscience de penser alors que je suis parfois dans l’opinion C) J’ai conscience d’être moi mais je suis peut-être aussi les autres en moi : Le Surmoi comme intériorisation de lois venant des autres

Ici, la progression à l’intérieur de ce 2ème mouvement reprend l’ordre du 1er mouvement comme pour lui répondre et le remettre en question : toutes les certitudes évoquées sont-elles à ce point évidentes ?

IIIPar quels moyens peut-on faire coïncider ce que je suis avec ce que j’ai conscience d’être ? Comment dépasser les incertitudes de la conscience de soi ?

A) La conscience réflexive : il est possible de réinterroger la conscience que l’on a de soi. Rôle de la philosophie dans la réflexion que l’homme peut avoir sur lui-même B) La pratique : agir pour mettre à l’épreuve ce que je crois être C) Le regard d’autrui est un complément à la conscience de soi : rectification possible. Rôle éventuel de la psychanalyse pour mettre à jour l’inconscient

Ici, la progression envisage des moyens d’abord intérieurs puis extérieurs pour montrer que la conscience de soi ne trouve de solution qu’en s’ouvrant sur le monde et les autres. Les remèdes ici évoqués sont censés résoudre les difficultés mises à jour dans le mouvement II.

Les références philosophiques :

Elles ne sont pas indispensables dans la mesure où l’on fait preuve de réflexion personnelle et d’un réel souci de dépassement de l’opinion. Ainsi, au moment d’élaborer les grandes lignes de la progression, il faut avoir uniquement pour souci le traitement scrupuleux du sujet et non pas les auteurs : le catalogue d’auteurs est absolument à exclure. Toutefois, la réflexion mérite le plus souvent d’être soutenue par des auteurs qui ont pour la plupart consacré leur vie à la recherche philosophique et à l’écriture. Leur travail nous donne des outils pour penser, des pistes de réflexion, que l’on peut suivre parce qu’on y adhère (pas parce que cela nous dispense de réfléchir) ou dont on peut s’écarter parce qu’ on pense autrement (dans ce cas il faut justifier son choix). Le problème est ainsi de savoir bien utiliser ces références philosophiques pour qu’elles ne se substituent pas à notre réflexion. Chaque référence doit ainsi être amenée par un argument personnel et ne peut servir que de confirmation ou d’approfondissement par rapport à ce qui au départ vient de soi.

Descartes (le cogito) peut ainsi venir illustrer et appuyer le A et le B du I, Kant (le Je transcendantal) le C du I. Spinoza (illusion du libre-arbitre dans la passion) peut éclairer l’argument du A dans le II, Platon (différence pensée-opinion) le B, Freud (le Surmoi) le C. Pour le III, on peut reprendre Platon ("connais-toi toi-même") pour le A, Hegel ( la conscience de soi s’acquiert aussi par la pratique) pour le B et Freud (la cure psychanalytique) encore pour le C. Il n’est pas nécessaire d’avoir une référence pour chaque sous-mouvement, une référence par grand mouvement suffit largement et les différents sous-mouvements peuvent utiliser cette référence en différentes étapes d’analyse (à partir du moment comme on l’a vu où cette référence a été amenée par un argument personnel).

LES TRANSITIONS

Elles sont indispensables pour lier les différents éléments de la progression, les différents mouvements entre eux et pour donner un sens clair à l’orientation choisie. Elles ont deux fonctions : synthétiser le mouvement précédent par une affirmation claire et récapitulative par rapport au sujet et annoncer le mouvement suivant si possible sous la forme d’une ou plusieurs question(s) elle(s) aussi bien centrée(s) sur le sujet.

Exemple pour le passage du I au II : pour le sujet qui nous occupe : - Ainsi la conscience de soi permet au sujet de savoir avec certitude qu’il existe, qu’il est un être pensant, et qu’il est un "Je" unique se distinguant des autres et c’est en cela que l’on est ce que l’on a conscience d’être. -Cependant ne suis-je que cela ? Qu’en est-il de ma personnalité, de mon être profond et de ce que je suis humainement ? Suis-je sur ce point encore ce que j’ai conscience d’être ?

Exemple pour le passage du II au III : - Ainsi la conscience de soi ne coïncide pas toujours avec ce que je suis et certains aspects de moi-même m’échappent. - Cependant, est-ce pour autant un échec de la conscience de soi et faut-il renoncer à se connaître ? Quels seraient les moyens pour dépasser les incertitudes de la conscience de soi ?

LA CONCLUSION :

Son rôle est de synthétiser clairement et efficacement le chemin parcouru et ses étapes ordonnées (voir les bilans de chaque grand mouvement) pour montrer dans quelle mesure le problème est résolu et quelle peut être finalement la réponse au sujet proposé. Ce qu’on appelle ordinairement l’ouverture (ouvrir sur un autre sujet ou sur d’autres questions) est plutôt déconseillé, surtout si cela a pour effet de remettre en question tout le travail effectué ! Sinon, l’ouverture doit être comprise comme un prolongement de la résolution du problème ou un rappel des enjeux du sujet et non pas comme ce qui serait susceptible de le remettre en question.

Exemple pour le sujet maintenant connu :

Ainsi, nous avons pu constater que l’on est dans une certaine mesure ce que l’on a conscience d’être, au sens où la conscience de soi nous représente à nous même et nous communique des données fondamentales sur ce que nous sommes. Cependant, la connaissance de soi se voit aussi limitée par certaines illusions qui nous rendent obscur à nous-même sur d’autres plans. Pourtant, ces incertitudes ne sont pas à comprendre comme des fatalités dans la mesure ou la conscience de soi peut se doubler d’une conscience réflexive, de la conscience d’autrui et aussi d’une conscience pratique. Ainsi, sans être toujours ce que l’on a conscience d’être, il est possible d’y remédier et de se connaître peu à peu grâce aux efforts et à un certain travail sur soi. (ouverture possible : mais il va de soi aussi que ces efforts seront toujours à reprendre, sachant que l’on est en perpétuel devenir et que par conséquent la connaissance de soi ne peut être acquise une fois pour toutes)

Proposée par Sciences-Po et OpenClassrooms, cette fiche méthodologique, première d’une série de huit, détaille en vidéo et textes les règles à connaître pour réussir une dissertation.

Cette fiche méthodologique est proposée par Sciences-Po, associé à OpenClassrooms, pour accompagner les lycéens vers le bac et les études supérieures. Nous republions progressivement sur Le Monde.fr/campus les huit fiches e-methodo conçues par des enseignants de lycée et de Sciences Po : rédiger une dissertation, un commentaire de texte, prendre des notes, lire une carte, faire une recherche sur Internet, organiser son temps durant un examen ou concours...

La dissertation est l’exercice phare de l’enseignement des sciences humaines en France. C’est une sorte de test de compréhension du cours, qui va mettre aussi à l’épreuve votre capacité de réflexion, votre capacité à argumenter et votre culture générale. C’est surtout un exercice très codifié, dont il faut respecter les règles si vous voulez le réussir. Connaître vos leçons ou réfléchir vite ne suffira pas !

Le but de la dissertation est de vous inciter à structurer une réflexion cohérente, écrite et argumentée qui réponde à une problématique, en fonction de règles prédéfinies.

  • Structurer => car il faut suivre un découpage clair et progressif

  • Cohérente => car il faut que toutes les parties répondent à la problématique.

  • Écrite => car c’est en écrivant que l’on apprend à écrire, que ce soit sur le plan stylistique, argumentatif, orthographique.

  • Argumentée => car chaque idée doit être développée, appuyée par un exemple, prouvée par la démonstration, pour convaincre le lecteur.

  • Problématique => car il faut dégager un angle à partir du sujet donné.

  • Règles prédéfinies => car c’est un exercice académique, et pour que tout le monde soit évaluable sur les mêmes critères, il faut que tout le monde les respecte. En sport, on ne pourrait pas noter un participant qui jouerait au foot au milieu d’un tournoi de basket. Ici, c’est identique, il faut suivre les règles sous-entendues par le terme de “dissertation”.

Nous allons donc voir tous ces aspects incontournables de la dissertation en suivant la chronologie d’une épreuve.

Lire aussi :   Quiz : Savez-vous faire une dissertation ?

Organisez-vous

Vous vous asseyez dans la salle d’examen pour réaliser votre dissertation. D’abord, organisez-vous ! Réfléchissez au temps que vous avez pour la faire, et fixez-vous une répartition du temps, que vous noterez tout de suite au brouillon. C’est la meilleure façon pour ne pas vous laisserdéborder.

En 2 h 30

Pour l’épreuve d’entrée à Sciences Po, vous devez faire votre composition en 2h30 environ. Rendez-vous prochainement sur la fiche « Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps » pour plus de renseignements.

En 4 heures

Pour une épreuve de 4 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h35 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 20 minutes pour poser les idées en vrac

  • 30 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

2h15 : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 40 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

10 minutes : relecture

En 5h

Pour une épreuve de 5 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h45 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 25 minutes pour poser les idées en vrac

  • 35 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

3h : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 55 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

15 minutes : relecture

Décryptez le sujet

Comment décrypter ?

Maintenant que vous savez le temps vous allez consacrer à chaque étape de l’épreuve, il faut s’attaquer au sujet. Un sujet, cela peut être plein de choses : une question, une citation, une affirmation… L’important est de le disséquer pour comprendreles enjeux sous-entendus par ce sujet et d’en tirerune tension, une question, à laquelle votre dissertation répondra.

Pour savoir comment problématiser votre sujet, nous publierons bientôt une fiche consacrée à cette question.

Pourquoi décrypter ?

Ce qu’il faut absolument retenir, c’est qu’une problématique est un angle d’attaque, une façon particulière d’aborder un sujet. Et c’est elle qui vous permettra de prioriser les idées qui vous viennent, de les organiser pour y répondre. Le sujet n’est pas une problématique et une problématique n’est pas un sujet.

Un sujet est une formulation générale, qui autorise plusieurs problématiques, et qui ne souligne pas forcément un problème particulier. Exemples :

  • Gains de productivité et croissance économique

  • Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933

  • Qu’est-ce que l’art ?...

Si vous traitez ces sujets sans les problématiser, vous allez probablement transformer votre dissertation en catalogue, dans laquelle vous présenterez par exemple tous les partis ouvriers allemands ou toutes les formes d’art qui existent. Mais ce n’est pas du tout ce qu’on vous demande !

La problématique entre alors en jeu : à partir d’un sujet, quelle question particulière pouvez-vous vous poser pour éclairer le thème proposé ?

  • Pour le sujet d’économie “Gains de productivité et croissance économique”, il faut s’interroger sur la relation entre les deux notions, pour en tirer une question, comme “Comment la productivité stimule-t-elle la croissance et comment la croissance encourage-t-elle la productivité ?” Ou encore “Quels sont les effets positifs et les effets négatifs de la productivité sur la croissance ?”.

  • Pour le sujet d’histoire“Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933”, il faut essayer de comprendre la tension qui rend ce sujet intéressant. On peut la formuler en se questionnant sur le rapport des partis avec les syndicats : “Comment s’articulent les partis et les syndicats allemands ?” Ou en se focalisant sur la tension idéologique : “Qu’est-ce qui oppose les réformistes des révolutionnaires ?” Ou encore sur la capacité du mouvement ouvrier à se rassembler durant cette période : “Comment le mouvement ouvrier est-il passé de l’unité à la division ?”.

  • Pour le sujet de philosophie, “Qu’est-ce que l’art ?”, la question est bien évidemment trop vaste et trop générale pour être une problématique. Il faut donc orienter le traitement que vous allez faire du sujet en vous demandant “Comment l’art se distingue-t-il de l’artisanat ?”, ce qui vous fera réfléchir sur l’aspect transcendant, symbolique de l’art, ou en vous interrogeant par exemple sur les rapports entre l’art et le beau “L’art n’est-il que l’expression du beau ?”.

Structurez votre plan

Comment faire concrètement ?

Vous avez bien disséqué le sujet ? Vous en avez tiré une problématique ? Maintenant, posez vos idées en vrac, au brouillon. Notez tout ce qui vous passe par la tête, qui semble relié à la problématique, essayez de mobiliservos connaissances de cours qui pourraient vous servir, pensez à des exemples qui vous semblent parlant.

Vous pouvez par exemple prendre une feuille à l’horizontale et tracer 3 colonnes : celle de gauche vous permettra de mettre toutes vos idées, puis dans celle du milieu vous classerez vos idées en 2, 3 ou 4 parties, et en face de chaque idée, dans la dernière colonne, vous ferez figurer 1 ou 2 exemples étayant chaque idée.
Sinon, vous pouvez aussi prendre une ou plusieurs feuilles pour poser vos idées (n’utilisez que les rectos, pour ne rien oublier), puis tout reclasser et enrichir d’exemples sur une autre. À vous de voir !

Comment construire les différentes parties ?

Pour rassembler vos idées en 2 à 4 grandes parties, il faut absolument garder en tête que chacune à sa façon doit répondre à la problématique, et si possible en allant du plus évident au plus complexe, du plus descriptif au plus analytique, du détail au général.

Dans le cadre d’un plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse) en 3 parties, la progression est assez classique. La première partie doit expliquer le plus évident, ce à quoi l’on pense dès la lecture de la problématique, c’est la “première couche” de votre réflexion. La deuxième partie apporte un tournant, un éclairage, ou une contradiction. La troisième partie, elle, dépasse les autres pour dégager les enjeux plus vastes, ou résoudre la contradiction apparente entre les deux premières parties…

Sujet de Philosophie : « Suis-je responsable de ce dont je n’ai pas conscience ? »
Problématique : En quoi la notion d’inconscient pourrait-elle me dédouanner de mes action ?

1. La question de la volonté de ce dont je n’ai pas conscience n’a pas de sens :
1.1 philosophie de la volonté infinie : importance de la conscience pour la conduite, et infinité de l’inconscient
1.2 doctrine freudienne : importance de l’inconscient

2. Je ne suis pas responsable de mes mobiles inconscients, mais je suis responsable de mes actes :
2.1 la moralité se constitue contre les inclinations
2.2 responsabilité, devoir et prise de conscience

3. Être responsable consiste aussi à reconnaître en moi ce qui échappe à ma conscience et à l’emprise de ma volonté :
3.1 la responsabilité exige que nous comprenions en nous l’homme de désir
3.2 la responsabilité, qui n’est pas culpabilité, se définit par la relation à l’autre

On peut penser à d’autres types de plan, comme le plan analytique (description, causes, conséquences),thématique (différents aspects d’une même question), comparatif (examiner deux notions puis dépasser leur clivage)...

Certains plans sont plus appropriés lorsque l’intitulé du sujet est introduit par certains verbes. Exemple : analytique avec « décrire », thématique avec « à quoi sert », dialectique avec « faut-il », etc.

On peut bien sûr combiner deux natures de plan dans les parties et sous-parties. En histoire, par exemple, il arrive souvent que les grandes parties soient définies chronologiquement mais qu’à l’intérieur de ces parties, on répartisse les arguments de façon thématique.

Votre plan de dissertation va aussi dépendre de la discipline : vous ne ferez pas le même type de plan en histoire, en lettres, en économie… En SES, on conseille souvent un plan en 2 parties, en histoire et en philosophie, 3 parties, en lettres, 3 ou 4. il faut structurer le devoir selon une logique de progression, qui va toujours du moins important au plus important.

Sujet de Sociologie : « Le travail, facteur d’intégration sociale ? »
Problématique : En quoi le travail peut-il apporter un bien-être en donnant un réseau social ?

I. Le travail est un facteur important d’intégration :
A) l’emploi accorde une place, une identité et une utilité sociales
B) l’arrêt du travail fragilise le lien et peut créer une marginalisation

II Le travail n’est pas toujours intégrateur et l’intégration est assurée aussi par d’autres biais :
A) certains employés sont isolés et communiquent peu avec autrui
B) la famille, l’amitié et les relations de loisirs

Rédigez l’introduction et la conclusion

Maintenant que votre plan est structuré et détaillé, il faut vous lancer. Et commencer à rédiger, d’abord l’introduction et la conclusion, au brouillon.

L’introduction

L’introduction, c’est la porte d’entrée de votre copie, il faut la soigner ! Sa construction est toujours la même.

Pour le sujet « En quoi l’État-providence assure-t-il la cohésion sociale ? », on aura une introduction structurée comme suit :

  • L’accroche (appelée aussi amorce), élément contextuel qui permet d’attirer l’attention du lecteur.
    La mise en marge de la société d’individus et le repli de communautés sur elles-mêmes sont toujours une menace pour toute société.

  • Présentation du sujet, éventuellement en le reformulant. Celle-ci a besoin de paix et de partager des valeurs et des activités sociales communes : c’est la cohésion sociale. En quoi l’État-providence joue-t-il un rôle dans cette cohésion ?

  • Choix de la problématique et mention des enjeux. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils assurer cette harmonie ? Par quels mécanismes économiques et sociaux et avec quels moyens interviennent-ils ? À quelles limites se heurtent-ils ? S’interroger sur le rôle de cohésion sociale de l’État-providence donnera l’occasion d’analyser l’intérêt et les modalités de l’interventionnisme face aux conduites déviantes et à la fragilisation du lien social.

  • Présentation des grandes parties du plan (sans mentionner partie 1, partie 2 etc, cela doit sembler fluide). Vous avez plusieurs possibilités de formulation.
    Exemple 1 : Après avoir mis en valeur comment l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, nous montrerons de quelles façons il essaye de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 2 : Si l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, il dispose de moyens multiples pour essayer de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 3 : Comment l’État-providence aide-t-il la population à satisfaire certains besoins ? De quelles façons essaie-t-il de maintenir la cohésion de la société ?

La conclusion

Il ne faut pas oublier de la rédiger au brouillon juste après l’introduction, cela vous sera bien utile lorsque vous paniquerez à la fin de l’épreuve !
Vous devez la soigner, car c’est la dernière impression que vous laisserez au correcteur. Elle est composée de deux parties :

  • Le bilan, qui récapitule les résultats de chaque partie. Ne repartez pas dans des exemples, vous devez résumer à grands traits le cheminement de votre pensée en montrant que vous avez répondu à votre problématique.

  • L’ouverture, pour élever la réflexion. Vous devrez ouvrir le débat de façon pertinente, c’est-à-dire que vous pouvez relier votre sujet à une autre problématique, à des considérations actuelles, à une thématique plus large. Mais il faut que cette ouverture ait un sens, si vous manquez d’inspiration, cela pourrait vous pénaliser, il vaut mieux ne rien mettre plutôt que de faire une ouverture “bateau”.

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?”, on pourrait avoir la conclusion suivante :

1. Le bilan
Au-delà des partis pris, il semble difficile de trancher sur la supériorité de telle ou telle mesure. Toutefois, on ne peut ignorer les décisions de politique économique retenues par la présidence Hollande surtout depuis 2013. Elles semblent corroborer l’hypothèse qu’en agissant à la baisse sur le coût du travail, cela devrait permettre de restaurer les marges des entreprises, leur compétitivité prix tout en les rendant plus concurrentielles sur les marchés internationaux. Cette politique devrait alors pouvoir se traduire positivement en termes d’emplois comme le confirment les théoriciens de l’offre en général. Cependant, agir de la sorte risque de s’effectuer au détriment des ménages, de la demande de consommation tout en hypothéquant les attendus d’une politique de réduction du coût salarial.

2. L’ouverture
Il importe donc de parvenir au meilleur compromis dans un contexte financier étroit et marqué par un certain rejet de l’opinion publique à l’égard de la politique gouvernementale… On peut toutefois, à la veille des élections européennes, s’interroger sur la capacité de la France, seule, à réduire sensiblement le chômage. La réponse ne se situe-t-elle pas davantage à l’échelle européenne ?

Entrez dans le vif du sujet

Vous avez cerné votre sujet en rédigeant votre introduction, vous savez là où vous voulez en venir car vous avez rédigé une première version de votre conclusion. Maintenant, il faut dérouler votre développement ! Recopiez votre introduction, puis lancez-vous, en suivant votre plan détaillé.

Construire vos parties

Entre les différents morceaux de la dissertation, il faut “huiler les rouages” en utilisant des connecteurs logiques et des transitions, pour fluidifier la lecture et dérouler le raisonnement de façon logique. Vous pouvez les noter au brouillon sur votre plan détaillé si cela vous aide.

Les transitions servent à faire passer d’une partie à une autre, d’un paragraphe à un autre, d’une idée à une autre. Il suffit alors de rappeler l’idée précédente en la résumant au plus important, et d’annoncer celle qui arrive en faisant un lien logique.

Les connecteurs logiques servent de transition à l’intérieur même des paragraphes, et permettent de mettre en lumière des rapports logiques : de cause à effet, d’opposition, de nuance, de juxtaposition...

Exemples : ainsi, en effet, dans la mesure où, c’est-à-dire, comme le souligne, également, par conséquent, malgré, toutefois, certes, en définitive, c’est pourquoi...

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?” et avec le plan suivant :

1. La baisse du coût du travail semble être une solution efficace au chômage
1.1 Un constat empirique
1.2 Une approche validée théoriquement
2. Cet objectif est une solution à relativiser
2.1 Un constat global
2.2 D’autres pistes envisageables

Pour faire la transition entre les deux sous-parties de la partie 1, on pourrait imaginer la phrase suivante :

C’est un constat qui est fait à un temps T et qui nous apporte un argument en faveur de la baisse du coût du travail pour réduire le chômage. On pourrait opposer le fait que c’est un constat ancré dans une temps et un lieu précis, et probablement pas généralisable. Mais, il s’avère que c’est une approche qui a été validée théoriquement !

Les parties devront s’enchaîner naturellement grâce aux transitions et connecteurs logiques. Chaque partiese construit toujours comme suit :

  • Introduction de partie

  • 3 ou 4 paragraphes argumentés

  • Conclusion de partie

Il faut toujours introduire votre thématique globale, l’étayer par des idées argumentées qui sont elles-mêmes soutenues par des exemples, et récapituler les conclusions auxquelles vous êtes arrivé en suivant votre raisonnement.

Construire un paragraphe

Les parties sont donc composées de paragraphes argumentatifs, et ils doivent suivre la structure suivante :

  • Introduction / annonce de l’idée

  • Développement de l’idée

  • Illustration de l’idée

  • Déduction / conclusion

L’annonce de l’idée doit se faire à l’aide d’un connecteur logique pour créer le lien à partir de l’idée précédente. Vous devez énoncer l’idée générale de façon précise, en une ou deux phrase.

Puis, vous développerez votre argument, en donnant les détails nécessaires. Il faut montrer pourquoi cette idée est pertinente, apporter des précisions, la caractériser.

Pour étayer cette idée, il vous faudra donner au moins un exemple concret, qui vous permet de rendre votre idée crédible en la donnant à voir concrètement au lecteur. Vous pouvez aussi mentionner un exemple qui permettrait de nuancer l’idée ou de montrer ses limites. Mais dans ce cas il faut bien le préciser, sinon on pourrait vous reprocher de mal choisir vos exemples.

Puis vous devez tirer une synthèse de cette argumentation, qui confirme votre idée énoncée au début et qui la rend plus forte. Il ne faut pas que ce soit une simple répétition de l’annonce de l’idée, sinon l’argumentation n’avance pas et on tourne en rond. Il est bon de relier l’argument à la problématique à ce moment-là.

Une dissertation est avant tout une démonstration d’idée, ne l’oubliez pas ! Et il faut rentrer dans ces “cases” pour réellement répondre à l’exercice, n’essayez pas de faire original sur le plan de la méthode, cela ne paie jamais.

Bons conseils

Au-delà du fond de vos idées, que vous devez acquérir en travaillant, et de cette structure fixe, qu’il faut absolument respecter, d’autres éléments sont pris en compte par le correcteur. Gardez-les en tête !

Sur la forme :

  • Rendez un devoir propre. C’est tout bête, mais une copie sale, avec des tâches et une graphie illisible récoltera rarement une très bonne note.

  • Aérez votre devoir ! La disposition de votre texte donne des indications sur la structure de votre argumentation. Il faut sauter2 lignes entre l’introduction et la première partie, la deuxième et la troisième, et entre la troisième et la conclusion. Il faut sauter une ligne entre les sous-parties, commencer toutes vos sous-parties ainsi que l’introduction et la conclusion par un alinéa. Enfin, il fautaller à la ligne dès que vous changez d’“étape” à l’intérieur d’un paragraphe (dans l’introduction, entre l’amorce et l’annonce du sujet, l’annonce du sujet et la problématique, la problématique et le plan ; dans les parties, entre l’annonce de l’idée et le développement, etc.).

  • Mais il ne faut pas mettre de plan apparent, ne faites pas pas figurer dans votre copie les 1, 1.1 et autres. Gardez cela pour le brouillon.

  • N’oubliez pas la ponctuation, mettez des virgules, faites des phrases courtes, sinon votre correcteur va s’asphyxier !

  • Banissez les phrases alambiquées, allez au plus clair.

  • Faites attention à votre orthographe et votre syntaxe, un écrit truffé de fautes ne pourra pas être bien noté.

  • Restez dans un registre de langue soutenu, évitez toute familiarité et utilisez le vocabulaire adéquat.

Sur le fond :

  • Ne dites pas « Je », vous ne devez pas vous impliquer personnellement en tant qu’individu, même si c’est votre pensée que vous exposez.

  • La dissertation n’est pas un exercice de style, vous devez resterdémonstratif et objectif autant que possible.

  • Ne paraphrasez pas ni le sujet, ni les documents à votre disposition. Il s’agit ici d’expliquer, d’analyser, de démontrer.

  • Il faut bien délimiter votre propos, ne partez pas dans tous les sens et ne faites pas de discours trop général.

  • Soyez précis : si vous citez, ce n’est pas de façon approximative, si vous parlez d’éléments quantitatifs, citez des chiffres, si vous évoquez une période, donnez des dates.

Et enfin, relisez-vous ! Gardez toujours un peu de temps à la fin pour vous relire, cela vous évitera de ne pas finir votre devoir et vous pourrez corriger de potentielles erreurs de raisonnement et fautes d’orthographe.

Conclusion

La dissertation est un exercice difficile car il est très codé, et il faut respecter ces codes tout en réinvestissant vos connaissances dans cette structure classique. Mais c’est comme ça que vous apprendrez à construire une argumentation, un raisonnement logique, ce qui vous sera toujours très utile ensuite !

Vous avez peur d’oublier les étapes lorsque vous rédigerez ? Téléchargez cette grille, qui résume la structure-type d’une dissertation en 3 parties, 3 sous-parties.

Exemple corrigé à télécharger

Téléchargez le corrigé-type du sujet “Les inégalités ont-elles disparu des démocraties occidentales ?”.

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